Plastique à l’horizon

Voici l'image que nous voudrions garder des océans à l'heure ou on pique des têtes dans l'eau, pourtant la réalité est bien moins bleue!
Nos 6 continents sont en passe de se faire supplanter par un continent d’un nouveau genre : Un continent de déchets plastiques. Vous n’en avez jamais entendu parler ? Il est vrai qu’en France, c’est un sujet assez peu médiatisé; peut-être parce que cette immense plaque de déchet flotte dans le Pacifique Nord et ne menace pas encore nos côtes. Mais ne pas en parler pour cette raison ce serait bien égoïste, surtout que le phénomène se retrouve en moindre proportion dans les autres océans. Dans l’Atlantique Nord par exemple, une nouvelle myriade de plastique à la dérive appelée Atlantic Garbage Patch a été découverte il y a deux ans, et des estimations inquiétantes indiquent que cette zone polluée contiendrait jusqu’à 200000 débris par km2.
Pourquoi cette accumulation de déchets loin des côtes? Les courants marins se rencontrent au centre de ces océans et s’enroulent tel un vortex. Ces tourbillons formés d’un ensemble de courants qu’on nomme gyres océaniques, attirent les morceaux de plastique en suspension dans l’eau vers le centre de la spirale, où ils s’accumulent sans pouvoir en sortir.
La première décharge océanique à été découverte à la fin des années 90 par un navigateur, Charles Moore, qui décida d’emprunter un itinéraire peu fréquenté par les bateaux au retour d’une course à voile entrela Californieet Hawaï. Et c’est un territoire devenu hostile à tous les mammifères marins et les poissons qui a été mis au jour. Aujourd’hui, à défaut de faire disparaître tout ce plastique ce qui représenterait une tâche titanesque qu’aucun pays ne paraît prêt à assumer, les scientifiques mesurent l’évolution et l’impact de cette pollution dans nos océans. Le constat montre que les plastiques présents dans la gyre se morcellent en micro-éléments de moins de 5mm, ce qui ne les rends pas moins polluants; au contraire, quasiment invisibles, les particules fragmentées appelées « nurdles » affectent toute la chaîne alimentaire. Une étude américaine a démontré l’ampleur de la pollution: sur 35 000 poissons du Pacifique de six espèces différentes, 35% souffrent d’obstructions intestinales dues au plastique. Du plancton incrusté de microparticules de plastique aux poissons carnivores, les débris plastiques font leur chemin jusqu’à nos assiettes.
Malheureusement, malgré le danger évident que représentent des déchets humains au milieu d’un écosystème fragile, aucune action n’est prise. La menace est silencieusement enfouie dans les eaux internationales. Elle est pourtant grandissante : chaque débris supplémentaire peut étouffer poissons, méduses et même s’enrouler autour de l’hélice des bateaux. Les 25 millions de tonnes de débris charriés par le tsunami japonais l’année dernière ont encore accentué le phénomène.
De nouvelles solutions techniques apparaissent même si elles n’ont pas encore été expérimentées sur le terrain; en France, des designers industriels français ont mis au point un robot (Rise Above Plastics) qui fonctionne comme une épuisette géante pour piéger les ordures tout en effrayant les poissons par ultrasons pour éviter de les capturer. Espérons que ce type de solutions concrètes permettra aux premières missions de s’équiper pour passer les océans au tatami.
Et voila des informations complémentaires pour en savoir plus : les déchets dans le Pacifique.
Catégorie : Actualités
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