La chronique de Coline

Depuis quelques années, nous mangeons de plus en plus de poissons. En tout, on estime à 100 millions de tonnes par an la pêche potentielle maximale des espèces marines. Et avec la montée en popularité des sushis, le thon et le saumon (qui sont déjà des espèces menacées) sont vendus et consommés en quantité incalculable. Enfin, tout compte fait, si ! 46,3 kilos de saumon par seconde sont pêchés, soit 1 460 millions de tonnes par an. Assez impressionnant non ? Si nous continuons à agir comme ceci à vitam aeternam, nos ressources halieutiques (ressources vivantes aquatiques) finiront par s’épuiser et nos océans seront inertes. Un certain nombre de biologistes s’entendent quant aux objectifs à fixer : baisser de 20% cette pêche massive (passer de 100 millions à 80 millions de tonnes).

Les enjeux
La surconsommation de poissons entrainera inévitablement l’épuisement des ressources. Comme l’explique le scientifique marin Daniel Pauly dans Le Monde : « Il faut pêcher moins si l’on veut continuer à pouvoir pêcher ». Il est l’un des plus grand spécialistes au monde des ressources marines. « C’est le numéro un dans son domaine. Il a fait comprendre à la communauté scientifique et au monde l’ampleur de la surexploitation des poissons », dit Philippe Cury, directeur du Centre de recherche halieutique méditerranéenne et tropicale. Je vous invite donc à regarder son interview au cours de laquelle il explique très clairement les enjeux, les dangers, les solutions potentielles : Interview Daniel Pauly
L’empêcher ? Oui ! Mais comment ?
Pour lutter contre la diminution des stocks, l’Union Européenne s’est dotée d’une politique commune de la pêche (PCP) dès janvier 1983. Elle a été révisée en 1992, 2002 et 2013, démontrant ainsi un réel intérêt envers cette cause. Des totaux admissibles de capture (TAC) qui fixent les quantités de poissons capturables par espèces et par zones de pêche, sont définis annuellement. Ces TAC sont partagés en quotas nationaux à l’aide d’une clé de répartition.
Mais la solution qui pourrait être réellement efficace reste la plus simple et la plus évidente : procéder à une limitation de l’effort de pêche ! Les gros poissons tels que les saumons, les thons etc… ont besoin de 4 à 5 ans pour se reproduire. La surpêche les en empêche, ils sont capturés avant maturité. Par conséquent, il nous faut réduire les quantités de poissons pêchés localement et laisser ces endroits sans pêche quelques temps pour qu’il se remplissent à nouveau. Ce pourrait être une solution sur le long terme, durable (exemple : c’est le cas pour le cabillaud de la mer du Nord et la sole de la Manche occidentale).
Des résultats concrets
Depuis 2009, l’état des stocks de poissons dans les eaux atlantiques européennes et les eaux adjacentes s’est amélioré suite à la mise en place de TAC plus réduits et de plans à long terme qui ont permis aux stocks de certaines espèces de se reconstituer. Davantage de stocks sont donc exploités dans les limites du rendement maximal durable (RMD) et les connaissances relatives à leur état s’améliorent. Ainsi en 2013, 29 % des stocks sont considérés comme exploités à l’intérieur des limites biologiques de sécurité et 21 % sont toujours considérés comme étant en dehors de ces limites biologiques. La situation reste en revanche inconnue pour la moitié des stocks encore inexploités.
Sources : http://www.planetoscope.com
https://www.youtube.com
http://www.fao.org
http://www.statistiques.developpement-durable.gouv.fr
http://www.lemonde.fr