La chronique de Coline

Prenant ses racines dans les années 40, le “commerce équitable” obtient son nom lors de la Conférence des Nations Unies sur le Commerce et le Développement (CNUCED). C’est là que le célèbre slogan “Trade, not Aid” (“Du commerce, pas de l’aide”) est forgé puis repris par des associations pour expliquer leur vision qui vise à rompre avec la logique d’assistance et de coopération classique. En France, c’est en 1974 que l’association Artisans du Monde naît, de l’initiative de citoyens engagés qui veulent soutenir les producteurs ayant traversé des catastrophes climatiques telle que les inondations au Bangladesh. Cette association a sensibilisé le monde entier, qui depuis, adopte de plus de plus cette pratique. On peut constater son influence, et oui ! Si je vous dit que depuis 2009, les ventes de produits certifiés équitables sont estimées à plus 3,4 milliards d’euros, vendus par plus de 1,5 million de producteurs, c’est que c’est un bon progrès non ?
Cependant, parlons du concept, au cas ou il vous serait étranger. Voici ses principaux objectifs :

• Améliorer les conditions de vie et le bien-être es producteurs au niveau de l’accès au marché du prix et de la continuité dans la relation commerciale.

• Donner un exemple de partenariat commercial basé sur le dialogue, la transparence et le respect.
• Protéger les droits humains.
• Encourager les possibilités de développement pour les producteurs défavorisés, en particulier les femmes et les populations autochtones et protéger les enfants de l’exploitation dans le processus de production.
• Faire prendre conscience aux consommateurs de l’effet négatif du commerce international sur les producteurs.

Le véritable tournant eut lieu dans les années 80 : le triplement du nombre d’associations « Artisans du Monde » !
Par la suite, une évolution importante a été notée par la promulgation de la loi du 31 juillet 2014, qui permet à la définition du commerce équitable, jusqu’alors restreinte aux relations Nord-Sud, de s’élargir également aux relations Nord-Nord. Le voyage de ce dernier ne fait visiblement que commencer.

Mais concrètement ça donne quoi ?

Ce mode d’échange ne concerne pas seulement les petits agriculteurs, sans grande influence. De grandes marques ont rejoint cette noble cause (KitKat, Starbucks, etc…) qui grâce à leur influence et à leur notoriété, pourraient influencer d’autres chaînes à faire de même. C’est un réel plus à mon sens.

Et la grande distribution alors ? Et bien, Lidl s’est engagé auprès de la coopérative FairFrance à vendre un lait équitable. Dans une démarche de soutien à l’agriculture française, la chaîne distribuera son lait à environ 50 magasins se situant dans l’Ouest du pays. Avec déjà plus de 70% de production locale, Lidl montre son attachement au monde agricole et à la production française (ce mode d’échange compte 499 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2014. C’est plus que le café, le sucre, le thé ou encore le riz (80% du marché français), qui représentent 400 millions d’euros de chiffre d’affaires).
Mais qui dit équitable, ne dit pas forcément bio. Alors que pour beaucoup, consommer équitable commence par consommer bio.
Entre 2013 et 2014, leur poids a augmenté de 10% sur le marché français. Environ 60% de la population consomment du bio une fois par mois, et 12,5% consomment équitable. Ce n’est pas énorme, mais c’est un bon début.
Enfin, l’alimentation n’est pas la seule concernée par ce nouveau mode de consommation, la cosmétique devient également « équitable » et bio  ! Elle représente 13% du marché. Comme quoi, même une adolescente telle que moi peut faire des achats responsables en cherchant du maquillage ayant un mode de production respectueux des producteurs, des animaux et des conditions de vie des producteurs. La marque « Odylique » par exemple, est la première gamme de cosmétique certifiée « Bio et commerce équitable ».
Sources : http://www.commercequitable.org
https://fr.wikipedia.org
http://www.artisansdumonde.org
http://www.lsa.fr
http://www.jeconsommeresponsable.fr